Créée en 2011 pour la tournée estivale du Cabaret des Dandys, Tartuffe ou l’imposteur a été l’une des premières mises en scène produite par le Cabaret.

Lorsque l’on s’imagine Tartuffe, on pense tout de suite au méchant manipulateur qui se montre despotique et qui se fait sa place au milieu d’une famille bourgeoise gentille et attentionnée.

Le parti pris du Cabaret a été tout autre.

En effet une pièce de théâtre est, comme nous aimons à le rappeler, un reflet, un miroir de la vie, de notre société, de nos humeurs.

Tout comme nous, les personnages ont tous leurs vies, leurs histoires, leurs déboires. Prenons par exemple Valère, on oublie bien souvent que ce personnage est un post-adolescent vivant une grande et belle histoire d’amour. Mais une histoire d’amour lorsqu’on a 16 ou 17 ans n’est pas la même qu’une histoire si l’on a 20 ou 25 ans. A 16 ans ce que l’on vit, on le vit pleinement, on le vit à l’extrême. Marianne et lui sont aussi exultés que l’on a pu l’être nous-même à ces âges. A 16 ans, on est persuadé que personne n’a jamais vécu ce que l’on vit, on se laisse emporter, on ne raisonne pas clairement, on est beaucoup plus impulsif. Leur relation est à la fois forte et fragile, forte par son intensité, fragile par leurs doutes.

Tartuffe lui-même n’est pas si simple que l’on pourrait le croire, ce personnage est extrêmement intéressant, tout d’abord, il n’apparait pas avant l’acte 3. Etrange pour un rôle-titre. Mais si l’on s’attarde sur le texte, on comprend mieux pourquoi. En effet,  le problème n’est pas tant Tartuffe que Orgon, dans le texte, vous ne trouverez pas trace de tartuffe imposant ses idées. Toutes les catastrophes sont du fait des décisions de Orgon qui veut prouver qu’il est important et qu’il commande dans sa demeure. Orgon est dans cette pièce le seul élément déclencheur  de toutes les péripéties de la famille.

Bref dans Tartuffe comme dans la vie les choses ne sont jamais aussi simples qu’elles n’y paraissent. Chacun à quelque chose à défendre et ce sont ses intérêts divergents qui finissent par créer les situations dans lesquelles les personnages se retrouve.

Loin d’être simplement une dénonciation des imposteurs, cette pièce met en évidence ceux grâce à qui les impostures peuvent survivre et s’installer.